Aglagla

02 janvier 2012

DES NOUVELLES D'EN BAS

sapinantarctique 

 Je profite des fêtes pour vous donner quelques nouvelles d'en bas et réalimenter ce blog qui commence une fois de plus à crier famine.

 Nous sommes le 2 janvier 2012, mon ventre gargouille encore des excès gastronomiques qui lui ont été imposé tout récemment et ma fourrure capillaire fraichement tailladée par un coiffeur paysagiste local – radié de l'ordre du ciseau depuis – tente de retrouver un sens à la vie.

Aux dernières nouvelles: je suis toujours en Terre Adélie mais je ne suis plus à DDU; j'ai quitté l'ile des Pétrels il y a quelques semaines avec mes clics, mes clacs et tout le reste pour aller m'établir 5km plus au sud, à la base Prud'homme, sur le continent. J'ai laissé les clefs de la « boulangerie-pâtisserie » de DDU à mon successeur, un bon boulanger qui devrait certainement donner beaucoup de fil à retordre à tout ceux de la TA62 qui comptaient profiter de l'hivernage pour perdre du poids.. les malheureux!

 

prud'homme 

La base Prud'homme n'est pas bien grande comparée à DDU, une dizaine de containers accolés les uns aux autres et dont l'intérieur est aménagé façon cottage Pierre et Vacances fait office de bâtiment de vie. On peut réussir à y faire dormir jusqu'à 20 sardines paraît il.

Le reste de l'endroit est parsemé de tracteurs à chenilles monstrueusement grands et de garages servant à leur entretien.

Tout comme à DDU il y a peu d'espoir que le style architectural de la base soit étudié un jour aux beaux arts mais cela dit, la vue que nous offre la baie vitrée du salon sur l'archipel fait rapidement oublier la taule ondulée et donne facilement à tout le monde l'impression d'habiter un palace.

baievitrée 

La vue depuis la salle à manger.

 

Cette base est en service uniquement durant l'été. L'hiver elle est inhabitée, les portes ne sont pas fermées à clef bien-sur (pour l'instant l'antarctique est relativement épargné par « l'insécurité »!) mais le chauffage et l'électricité sont coupés ce qui dissuade surement les squatteurs!

Elle sert de point de départ aux raids qui partent l'été ravitailler Dome C et aux autres raids qui partent vadrouiller sur le continent à des fins scientifiques. Actuellement l'un de ces raids scientifique fait route vers Vostock, une base Russe perdue au milieu de l'Antarctique.

 routesdescrevasses

La route des crevasses...

A quelques kilomètres au dessus de Prud'homme, en remontant le chemin appelé « route des crevasses », on arrive à un endroit appelé D10 où se trouve une piste d'atterrissage (en fait une zone d'un kilomètre et des brouettes où on dame la neige) qui permet de faire atterrir des avions munis de « skis »... attention il est ici question de petits coucous et non d'A380 (cf le blog du doc) et c'est seulement lorsque Mère nature est d'accord... pas souvent donc!

 

 piste  avion

 

 En ce qui me concerne je suis maintenant chargé de faire la popote aux autochtones de Prud'homme soit en ce moment une dizaine de personnes: une poignée de mécaniciens et une autre de glaciologues. Une « clientèle » sympa et pas difficile à satisfaire; c'est « que du bonheur » comme dirait une philosophe française dont j'ai perdu le nom !

 L'astro

Après quelques déboires dont je m'épargne le détail (car la liste est trop longue!), le bateau a finalement réussi à parvenir jusqu'à nous et à décharger ses cales.

Oufff... Les salades, les tomates, les mangues, les abricots, les avocats, les oranges, les pastèques, les melons, les carottes, les poivrons, les kiwis, les citrouilles (oui les citrouilles...) sont de retour... fameux!

Mais toutes ces victuailles ont un prix et comme chaque année les hivernants sortant ont payé pour les autres... et oui, la traite des hivernants est une réalité! le monde doit savoir!

Une enquête extrêmement poussée menée par moi même m'a permis d'obtenir le barème de cette scandaleuse transaction, le voici:

Un contractuel = trois caisses de légumes.

Un VCAT = une patate, une bonne poire ou un mouton.

Une Marion Dista = …cadeau de la maison! :)

L'Astrolabe est donc reparti jeudi dernier de DDU en laissant le contenu de ses cales et en emportant une dizaine de mes compatriotes hivernants à son bord: une pêcheuse, une dista, un second de centrale, du géophy, du météo et un chaudar. A présent ils ne doivent plus être très loin d'Hobart mais cela dit sans doute toujours en train de batailler ferme contre le yoyotement du bateau pour garder le contenu de leurs estomacs dans leurs estomacs.. bon courage à eux!

Les jours qu'il me reste à passer ici sont comptés, il ne me reste plus qu'un bon mois avant d'être troqué à mon tour à l'Astro contre de quoi faire un petit méchoui ou une bonne soupe!

 

 Joyeuxnoel 

Ps: Merci à tous pour la demi tonne de chocobons recus à R0 et R1.. menfin fallait pas, je venais tout juste de parvenir à reboutonner mon jean's jusqu'en haut sans avoir à rentrer le ventre..!

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02 novembre 2011

Back in DDU

adéliedevantdortoir 

 

A DDU les paris étaient lancés pour savoir qui du campagnard d'été ou du manchot adélie ferait son retour en premier sur l'Ile des pétrels. Finalement..- Coincoincoincoin -... c'est le manchot adélie -coincoincoincoincoincoin - qui a pris place -coincoincoin- sur la première marche du podium -coincoincoincoincoin-!

Depuis trois jours, ils convergent par paquets de dix vers notre ile.. enfin leur île, notre terrain de camping. Ils déboulent d'on ne sait où sur la banquise dans un désordre total, courant comme des fous dans tous les sens, le buste en avant et les ailerons déployés au vent comme le ferait avec ses bras un funambule en détresse tentant de retrouver son équilibre pour ne pas aller s'écraser 20 m plus bas sur le tapis de la piste aux étoiles.

A coté des Empereurs, flegmatiques, majestueux, curieux et organisés, il est vrai que les Adélies, agressifs, courts sur pattes, bruyants -coincoincoincoincoin- et bordéliques, font un peu tache dans le tableau ! Cela étant on a tendance a les considérer comme des crétins finis... à tort car à mon avis leur comportement est tout aussi fascinant que celui de leurs cousins de la « haute », ceux qui font des films...

Hier j'ai vu l'une de ces petites bêtes passer derrière les fenêtres de la cuisine, il fonçait à toutes berzingues sur les congères, slalomant entre les cailloux et bondissant sur les rochers comme si « Flash Gordon » et « Elastic Man » s'étaient réincarnés en lui.

Parti comme il était je pensais qu'il ne s'arrêterait qu'en Nouvelle Zélande*, une fois que les effets de la drogue se seraient dissipés, mais contre toute attente, une fois arrivé au sommet d'un petit tas de cailloux, un tas de cailloux comme il avait déjà dû en franchir des dizaines avant d'arriver à celui ci, il s'est arrêté, a fait deux tours sur lui même, s'est étiré, a poussé un tonitruant coincoincoin pour tester l'acoustique des lieux puis, satisfait il a posé ses fesses dans la neige et s'est installé là en position pimousse.

Un heure plus tard, lorsque je suis passé devant chez lui, il était déjà à pied d'oeuvre traquant à coups de bec le moindre petit cailloux alentours pour se construire le plus beau nid du quartier. Nul doute qu'avec quelques grammes de cervelles en plus, ces machins là feraient beaucoup de mal aux humains sur le marché du travail ! Ils sont inépuisables !

En parlant d'humains, pour les passagers de l'Astrolabe partis d'Hobart il y a 11 jours, la « croisière » se poursuit. Le bateau tente toujours de se frayer un chemin dans les glaces pour s'approcher au maximum des cotes adéliennes.

Nous sommes fin prêts à les accueillir : le grand ménage est fait, la base Prud'homme (base d'été) est avitaillée et chauffée, les cuves d'eau douce de DDU se remplissent, la population de tables dans la salle à manger et de vaisselle dans l'office a doublé, le gérant postal attend ses sacs de lettres et aux fourneaux Yannick a ressorti la batterie de cuisine de Guliver, ( poêles et marmites king size)!

Maintenant il ne faudrait pas qu'ils tardent trop ou le ménage sera à refaire! Grrr

 

véhicule

 En route vers Prud'homme, derrière le « chasse neige », assis dans le traineau chargé des vivres destinées à l'avitaillement de la base et aux prochains raids vers Concordia.

 

 Photopêche 

Partie de pêche avec Camille au bord d'une rivière de glace qui s'est terminée sans poisson mais avec de gros coups de soleil sur la face bâbord de mon visage!

 chasseneige

 Devant les fenêtres de la cuisine: Le vent qui souffle la neige.

cornetsglace

 

 Des glaces Vanille/Pistache « comme chez Picard »!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                            Les « mancholigieuses » d'anniversaire de Xav et Nono.

 mancholigieuses2             mancholigieuse1

Colonne de mancholigieuses estropiées! Samedi soir l'espèce était en voix d'extinction... sa rencontre avec l'homme en antarctique lui aura été fatale!

Enfin pour terminer ce message la réponse tant attendue par tout le monde au commentaire laissé par Anonyme dans le précédent message: « y a t'il des relations sentimentales qui se créent entre les hommes et les femmes de DDU ? »

Et bien je pense que coincoincoincoincoincoincoincoincoincoincoincoincoincoincoincoin... argggh foutus manchots!

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20 octobre 2011

Vlà le printemps !

Vlà le printemps! Par ici ce ne sont pas les petites fleurs qui l'annoncent mais le retour par la voie des airs des as de la volaille volante.

Les pétrels des neiges, les pétrels géants, les damiers, les pétrels antarctique et les skuas (*) reviennent prendre leurs quartiers d'été dans l'archipel. En ce début de saison touristique les logements vacants sont encore nombreux dans la caillasse et les loyers restent abordables mais ce sera bientôt la cohue pour trouver où nicher.

Après tant de mois passés sans rien voir dans le ciel que des nuages, des aurores, des ballons météo et une poutre métallique de temps à autres les jours de grand vent, ca fait tout drôle de revoir ces petites boules emplumées qui évoluent au dessus de nos têtes en se jouant des rafales de vent. Un poète trouverai surement beaucoup d'inspiration dans la contemplation d'un tel spectacle... « Bêlll oiseau blanc du bout du mondeeee, etc, etc »...

Moi je ne peux m'empêcher de penser aux centaines de décibels qui seront bientôt émises continuellement par la volière de dessous mes fenêtres (j'habite au dessus d'une barre HLM pour pétrels des neiges et damiers du cap!)... Crrrrrrcrrrrrrcrrrrrcrrrr...pioupioupioupioupiou...Crrrrpioucrrrrpioupioupioucrrrrrpioupiou... plus c'est petit, plus ca fait du bruit !

Le printemps c'est aussi la période que choisissent les phoques pour vêler... (j'imagine que l'on peut utiliser ce terme pour ces animaux étant donné que le petit du phoque est appelé veau, mais peut-être que je me plante le doigt dans l'œil.)

 bibi

En ce qui concerne les naissances de bêtes polaires, un rapide coup d'œil à mon planning de travail des semaines à venir m'a permis de faire le constat suivant: tout comme les phoques, une grande majorité des hivernants naissent au cours des mois d'octobre et de novembre(une dizaine d'anniversaires et donc autant de gâteaux répartis sur le mois à venir). De là à conclure que l'hivernant a des liens de parenté avec le phoque de Weddel... Appel aux scientifiques: c'est un sujet qui mériterai d'être approfondi!

Le printemps c'est aussi la période où l'Astrolabe reprend ses rotations entre Hobart et l'ile des pétrels avec plein de trucs dans ses cales: les campagnards d'été (personnel technique et scientifique présent sur la base durant l'été austral), les futurs hivernants de la TA62 qui devront à leur tour, comme nous l'avons si bien fait (benh quoi? le printemps c'est quand même la saison des fleurs!), s'occuper de l'entretien de la banquise (un bon arrosage quotidien et une tonte hebdomadaire), le courrier(« ouais! c'est le colis que je croyais perdu que m'avait envoyé tante Fistule avec du bon camembert moulé à la louche à l'intérieur.. mh! ») et (,surtout!,) les FRUITS(Rahhhh!) et LEGUMES(Rahhhhhhhhhh) FRAIS!!!Raaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh! Pardonnez moi ces cris dactylographiés de plaisirs, communiqués directement par mes papilles à mes doigts sans passer par le cerveau, mais en ces temps de carottes appertisées et de pruneaux déshydratés, la simple évocation du retour de ces petites choses banales pour vous mais qu'on a tellement de mal à trouver au monop' en antarctique, a tendance à provoquer en moi des manifestations soudaines et incontrôlables de plaisir intense!

 Vlà le printemps ! Les jours rallongent... si j'en crois les plus insomniaques d'entre nous, c'est vers 4h00 le matin que le soleil sort des entrailles du glacier. Après nous avoir boudé à la midwinter il devient chaque jour de plus en plus matinal à mesure que l'on se rapproche de la fin d'année. Bientôt il faudra se méfier de ses rayons qui n'auront qu'un seul objectif: nous cramoisir nos tronches d'aspro sans aucune pitié ! Mais, pour le moment, ce soleil on ne fait que le deviner car depuis deux semaines il se cache derrière une couche de gros nuages cotonneux qui nous déversent quotidiennement sur le bonnet toute la neige qu'en temps normal ils s'arrangent à répartir sur toute la durée de l'« ermitage ». Ajoutez à cela quelques bons coups de vent et vous obtenez de magnifiques congères de plusieurs mètres d'épaisseurs qui viennent se former un peu partout sur la base et principalement aux endroits où elles sont sures de nous... empapaouter.. Ainsi depuis deux semaines, des équipes de secours composées de valeureux volontaires armés de pelles et de camelbag d'huile de coude tentent de retrouver les fenêtres des bâtiments et passerelles de la base ensevelies sous plusieurs mètres cube de poudre blanche bien tassée par le vent. Un travail de forçat qu'il faut recommencer à chaque coup de vent puisque ce que l'on déneige en un jour, le vent le ramène en 1h, comme ça sans se fouler. Mais bon, c'est ca aussi les petits plaisirs de la vie polaire!

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En ce qui concerne les empereurs, les « stars » du coin, ils continuent leurs transhumances en files indiennes vers les eaux libres (la polynie) à une dizaine de kilomètres de distance; eaux libres desquelles, après avoir barboté quelques temps dans un liquide froid à faire pâlir un norvégien, ils ressortent le bide bien rempli et reprennent leur transhumance dans le sens inverse pour rejoindre la manchotière et dégobiller leur pêche à leurs charmants bambins duveteux qui n'en finissent pas de gonfler sous le regard glacial des pétrels géants qui à quelques mètres de là, embusqués au milieu du troupeau, sélectionnent parmi ces adorables et trognones (et …) petites peluches celle qui leur servira bientôt de punchingball puis de « quatre heure »!

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Manchots en route pour la polynie... cherchez l'intrus!

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Une dernière info capitale avant de clore cette mise à jour: Les travaux du dortoir sont bientôt finis !

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 * (je n'ai pas encore aperçu de pétrels de Wilson, cet oiseau à peine plus gros qu'un volant de badmington, très dur à prendre en photo du fait qu'il est toujours en mouvement.)

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14 septembre 2011

Mercredi 14 septembre 2011, 274ème jour sur le caillou.

Nous vivons la tête dans un nuage depuis deux jours. Le mois de septembre que les météos nous annonçaient tempétueux a semble t-il l'intention de tenir ses promesses.

Record de l'année battu : le vent a soufflé à 199 km/h cette nuit.
Quelques bœufs y auraient sans doute perdus leurs cornes s'il y en avait eu.

La neige tombe, vole, s'éparpille, se glisse sous les portes, se colle sur les masques , comble les vides et nous tombe sur le bonnet lorsque l'on claque les portes trop fort.

Bizarrement la visibilité est bonne: à l'intérieur des bâtiments on arrive encore facilement à distinguer les fenêtres... au delà, dehors, on distingue également sans aucune difficulté le gros nuage blanc dans
lequel nous vivons depuis deux jours mais tout le reste a disparu. David Coperfield ferait il un come-back ?! Plus d'icebergs, plus de soleil, plus de cailloux, plus de bâtiments, plus de passerelles.. rien que du blanc.

Je jette un œil par ma fenêtre de chambre.. il m'a semblé y voir passer quelque chose dans les airs... un ange ?! Non fausse alerte... sans doute un hivernant trop léger qui apprend à voler malgré lui après avoir ouvert ses bras lors d'une rafale...tant pis ça nous fera une bouche de moins à nourrir ! Il avait qu'à pas maigrir !

Si le vent persiste, j'appliquerai le plan « TEMPETE », un plan spécialement élaboré avec la NASA pour permettre aux astronautes de vaincre le manque de pesanteur dans l'espace:

Brioche au petit déj, Michelette au café, far breton au quatre heure et Kouign-aman au dessert !

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Après lecture des blogs de mes cohivernants je me sens un peu dans l'obligation de vous prouver, photos à l'appui, que j'ai moi aussi un travail, une mission (!) et que je ne passe pas (uniquement!) mon temps à déblatérer des carabistouilles sur le wouèbe..


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1/ Construction d'un igloo devant les fenêtres de la cuisine

 

 

 

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2/ Mission de repérage d'un site adéquat pouvant accueillir les prochaines épreuves olympiques de « glissade sur le derrière ».

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3/ Encore une mission de repérage olympique mais cette fois ci pour l'épreuve de « ramasse ton derrière sur le gros glaçon qui t'attend à l'arrivée alors que tu penses atterrir dans un lit de poudreuse »... (le site est validé!)


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4/ Enfin, une fois mon dur labeur accompli, je m'offre parfois le loisir de m'amuser un peu. Ici la poule polaire en nougatine réalisée pour commémorer le jour où Mickito fit son atterrissage sur Terre.

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20 août 2011

The Truman Show.

Ici il m'arrive souvent d'avoir l'impression de vivre sous une cloche à fromage géante... comme dans le film « the truman show », un genre de « loftstory » à grande échelle sans blondes siliconées et sans piscine.

27 hivernants venus d'horizons divers, un décors de rêve qui s'étend à perte de vue, des milliers d'animaux jamais vus qu'au cinoche, etc...

C'est vachement bien fait, je vous jure, sur ce coup là la chaine a mis le paquet ! Rien qu'en déco et accessoires y'en a sûrement pour des milliards d'euros... incroyable je vous dis!

Et le meilleur dans tout ca c'est que nous, les candidats, à la base on ignore complétement les véritables raisons de notre venue ici ; on pense tous être là pour la recherche scientifique: l'étude des zozios, des grosses poules polaires, de la pouascaille, des glaçons, de l'atmosphère, etc etc..

Au début j'ai marché. Les deux jours d'avions, la traversée en barcasse.. le mal de mer.. pouahh... les icebergs, les tempêtes... c'était hyper réaliste. J'ai vraiment cru que l'antarctique existait et qu'on y était arrivé.

Mais on ne me la fait pas à moi, il se passe trop de choses bizarres par ici:

- un soleil qui brille à des heures improbables, parfois trop, parfois pas assez;

- une lune qui éclaire comme un soleil ou, à l'inverse, des nuits noires comme des placards;

- des coups de vent qui repartent comme ils sont venus ou encore,

-  des lumières fantomatiques qui apparaissent soudainement au dessus de nos têtes...

Non c'en est trop, la coupe est pleine, là y'a vraiment un truc qui cloche !

Pour tenter d'en avoir le cœur net, dès que le temps le permet, mes camarades sceptiques et moi, on part en vadrouille sur la banquise, chaque jour dans une direction différente, pour tromper l'ennemi, et toujours plus loin.

A trois ou quatre on franchit le périmètre de sécurité mais pour cela bien sûr, avant tout, il faut demander la permission à Moman… Moman que je soupçonne fortement d'être de mèche avec la production du reality show...

Elle a certainement un téléphone portable caché quelque part, par le biais duquel elle peut les contacter en cas d'urgence.

Quand elle les appelle ça doit donner un truc du genre:

_ « Allo la prod, faites gaffe y'en a trois qui vont faire un tour hors des clous »...

_« Ok bien reçu Moman, on réinstalle la banquise, les icebergs et tout le tintouin.. cimer.. ».

_ « Ah, au fait, on se voit toujours samedi prochain ?.. »

_ « ouais no soucail, on ira a la plage et on sf'ra un barbeuc... »

_ etc, etc, etc...

 

Chaque jour on essaie de trouver la faille dans le décors, la base de la cloche à fromage... mais à chaque fois que l'on s'en approche, soit le soleil se couche subitement, soit il y a un très gros iceberg qui nous barre la route, soit les éléments se déchainent d'un seul coup d'un seul nous obligeant à faire demi tour sur le champs.

Mieux encore: depuis hier la prod nous empêche carrément de sortir hors du périmètre de sécurité en nous mettant des bâtons dans les roues ou plutôt devrais-je dire de la neige jusqu'aux genoux. Cent mètres dans cette poudreuse en paraissent mille et la visibilité est aussi bonne que dans un yaourt bulgare...

Pendant ce temps chacun prend son mal en patience, on fait la fête autour d'une partie de scrabble, on s'éclate à la belote, je me fais laminer aux fléchettes... le club du troisième age de DDU n'a jamais compté autant d'adhérents!

Mais je ne perds pas espoir, j'arriverais bien à prouver un jour que tout ceci n'est que du flan... que les bergs sont en polystyrène, que la banquise est en carton, que les bêtes sont robotisées (exceptés les empereurs et les phoques qui eux sont des costumes sous lesquels se cachent des acteurs comme à Disney; des hommes adultes pour les phoques, une tribu de pygmées pour les manchots.) et que les aurores ne sont en fait ni plus ni moins que les fumées des milliers de cigarettes que les cadreurs se grillent pendant leurs pauses!

 

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17 août 2011

Defying Gravity... rêve prémonitoire?


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En Terre Adélie comme aux iles Kerguelen nous partagions un même problème: le choux. Seulement à l'inverse de Kerguelen où le choux se faisant boulotter sans relâche par des hordes de rongeurs à grandes oreilles était en voix d'extinction, ici à DDU, le choux, mais « de Bruxelles », proliférait de façon exponentielle dans les réserves de vivres.

On en serait venu à manquer de place pour stocker les provisions si un jour, quelqu'un, quelque part, n'avait eu une idée géniale; celle d'introduire une nouvelle espèce en Terre adélie afin d'endiguer le problème de surpopulation. La nouvelle espèce en question c'était le VCAT.

Le VCAT ou Vilain Cloporte Acariâtre et Téméraire, la plupart du temps recruté parmi les classes étudiantes en fin de cursus ou celles des jeunes travailleurs pleins de projets mais sans argent, était réputé pour la pauvreté de son régime alimentaire (nouilles, riz, purée mousseline) et surtout sa grande voracité.

Au début l'expérience se déroula comme prévue. Chaque année, la période d'apprivoisement achevée, on ne nourrissait plus le VCAT que de choux de Bruxelles et de pâtes au fromage jusqu'à l'arrivée de la relève. Le VCAT était content, il pouvait se faire péter le bide à tous les repas et ce sans avoir besoin d'aller au Francprix faire les courses ou d'appeler Allopizza. C'était le paradis pour lui.

Les résultats étaient prometteurs, le stock de choux de Bruxelles de DDU diminuait, tout se passait comme prévu... les résultats étaient tellement satisfaisants qu'un jour, le même quelqu'un de l'autre jour, mais autre part cette fois, eu l'idée de tirer profit de la situation en envoyant là-bas tous les aliments qui n'avaient pas trop la cote dans les cantines de France pour les donner à manger aux VCAT qui devenaient d'année en année de plus en plus voraces.

C'est ainsi que le VCAT retrouvait quotidiennement dans son assiette des salsifis, des flageolets , du gouda au cumin et des pruneaux aux côtés des sempiternels choux de Bruxelles et il s'empiffrait de ces choses avec délectation le VCAT, sans prêter attention à leur mauvaise réputation. Il n'en avait que faire, l'important pour lui étant de manger, manger, manger...

 

Tout allait bien jusqu'au jour où, du jour au lendemain, on perdit tout contact avec les hivernants.. plus de mail, plus de coup de fil... plus rien.

Inquiet, l'institut polaire dépêcha une équipe de secours sur place, mais, à son arrivée quelques semaines plus tard, elle découvrit la base déserte, vide de toute présence humaine.

A première vue sur l'ile des pétrels rien d'anormal; les bâtiments ne semblaient pas avoir souffert des maltraitances d'une quelconque tempête, les véhicules étaient tous à leurs places, aucun petit mot d'adieu griffonné sur le tableau du séjour... un grand mystère entourait cette affaire...

Une enquête fut ouverte. L'inspecteur Derrick fut envoyé sur place. Aidé de ses indémodables lunettes, de son imper vert et de son infaillible instinct, il conclut à une attaque d'ours polaires... mais l'hypothèse fut rapidement écartée puisqu'aucun corps ni aucune trace de lutte n'avaient été mis en évidence...

Derrick fut remercié et renvoyé au cimetière de Munich.

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L'enquête n'avançait guère jusqu'au jour où quelqu'un eu l'idée de prendre un plan de la base et de compter le nombre de bâtiments... Il en manquait un et pas des moindres: le dortoir de DDU, cette bâtisse orange en forme de légo géant, plus connu sous le nom de « 42 ».

Après déneigement du terrain, on constata qu'il ne restait que les fondations du 42.

Les recherches sous marines entreprises en contre bas de l'ile pour le retrouver ne donnèrent rien. Le mystère restait total..

Enfin, le remplaçant de Derrick, un certains « Mulder », finit par trouver l'explication: il s'agissait là d'un rapt collectif commis par des extra terrestres. Les experts validèrent immédiatement les conclusions de l'inspecteur. Le dossier fut classé. Fin de l'histoire.

Fin de l'histoire? Non, car quelques années plus tard les inspecteurs de Cold case s'aperçurent par hasard qu'à l'époque lors de son séjour à DDU Mulder était tombé sur une réserve de schnaps que Derrick avait oublié dans sa piaule et qu'il en avait plus que légèrement abusé durant l'enquête.

 

La thèse de l'enlèvement extra terrestre fut donc réfutée et le dossier réouvert.

Mais ce n'est qu'un demi siècle plus tard, lors du premier voyage spatial habité vers Mars que l'on eut enfin le fin mot de l'affaire des hivernants de DDU.

En effet, à son retour sur Terre, Neil Asmtromg junior déclara qu'il avait aperçu lors de son séjour la haut, derrière les hublots de sa navette spatiale, un gros cube de couleur orange en orbite autour de la planète rouge propulsé par un étrange gaz vert;

 

Dans les rapports officiels on imputa la vision de Neil à un délire cosmique passager, mais en secret, il fut admis qu'il s'agissait du dortoir de DDU et pour les enquêteurs tout devint alors limpide quant à l'étrange disparition du bâtiment cinquante années auparavant.

 

Voici donc enfin ce qui c'est réellement passé...

Ce soir là, suite à un gros repas de fête durant lequel il leur avait été servi double ration de choux, les hivernants s'étaient tous endormis repus, le ventre bien ballonné.

Durant la nuit, le vent se mit à souffler très fort faisant trembler le dortoir tout entier.

Les hivernants endormis étaient ballottés de droite à gauche dans leurs lits et leurs ventres n'en finissaient plus de gonfler sous l'effet des choux ingurgités.

Ils gonflaient, gonflaient, gonflaient tant et si bien qu'ils auraient certainement finis par exploser si une rafale plus forte que les autres, percutant le bâtiment avec une violence incroyable, n'avait fait rouler tous les hivernants sur le ventre simultanément dans leurs lits.

Le ventre ainsi comprimé sur le matelas l'inévitable se produisit: entre deux rafales, dans un silence de cathédrale, les manchots empereurs furent témoins de la plus grosse flatulence collective de tous les temps! (D'ailleurs depuis l'événement en question aucune bestiole n'a jamais remis les pattes en Terre adélie).

Un pet tellement énorme que les appareils de mesures sismiques de DDU en enregistrèrent la déflagration... et je ne vous parle pas des résultats d'analyses atmosphériques enregistrées ce jour là.

Bref passons... je vous épargne les détails, ce qui importe de savoir c'est que le souffle de l'explosion fut tel que dans la seconde qui suivit, le bâtiment, au lieu d'exploser sous la pression, fut littéralement soulevé et s'envola à la verticale comme une fusée décolle de son pas de tir, ses haubans d'acier qui le reliaient au sol cédant simultanément comme de vulgaires brins de ficelle fatigués;

 

Voilà, c'est ainsi que dans mon rêve le 42 se retrouva en orbite autour de Mars et que ses occupants finirent vaporisés dans l'univers!

 

Fin

Tout ça pour dire qu'ici on attend tous avec impatience les fruits et légumes frais et variés de la campagne d'été!

Une photo pour les courageux qui ont tenu jusqu'au bout... Galette d'anniversaire, cinq cierges pour cinquante ans d'existence (...la flemme de planter cinquante bougies!).


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29 juillet 2011

MON ACTU

Ma grosse actu polaire du moment (et peut-être sans aucun intérêt pour vous!)  c'est que "moman" a enfin levé ma punition; j'ai récemment réintégré la chambre que j'occupais initialement, laissant mon emplacement de paria pestiféré de DDU dans les futures sanitaires du dortoir, à Vaxier, notre Dario, qui goutte à son tour aux joies du « cachot n°29 » où dormir équivaut à piquer un roupillon sur la bande d'arrêt d'urgence d'une autoroute un jour de départ de grandes vacances... une sacrée prouesse technique en somme!

En ce qui me concerne c'est donc avec un grand plaisir et sans regret que j'ai quitté ce bruyant cloaque et regagné ma suite présidentielle... de Minimoiz (8m2 à vue de nez) mais présidentielle quand même!

Le palace en question a été rénové: nouvelle moquette, nouvelle peinture, nouveau chauffage, nouveaux portes manteaux... Non, y'a pas à dire: l'équipe technique a bien bossé... ca valait bien quelques douloureux réveils à grands coups de meuleuses !... et n'allez surtout pas croire que j'écris du bien des bricolos car on menace de couper le courant dans ma piaule... non, non, non!

Je retrouve donc avec bonheur mes deux fenêtres avec vue imprenable sur la banquise, le chassé-croisé des manchots juillettistes et aoutiens, le spectacle folklorique des aurores australes la nuit et le vent dolby surround 3.1 des jours de tempête.

Dans ces chambres on dispose maintenant d'aimants pour afficher les photos (mais moi j'aimante surtout mes vieux post-it à défaut de photos!) car à présent les murs sont « aimantables » (Larousse 2040).

C'est aussi la raison pour laquelle je me retrouve avec tout un stock de punaises dont je ne sais trop quoi faire...poupées vaudou pour joueurs de belote désespérés ? Bonnes blagues au fond des chaussons?... quoique, ces temps ci, je réfléchis aussi très sérieusement à laisser tomber la pâtisserie pour me lancer dans l'acuponcture. Avis aux amateurs: j'ai besoin de cobayes pour me faire la main.. la première séance est offerte!

Une nouvelle attraction est également disponible dans toutes les chambres rafistolées, j'appelle ça des « lampes tactiles à allumage aléatoire ». Une petite caresse à la base de la loupiote et la lumière apparaît... ooooh magie des temps modernes!

La mienne est même réglée pour briller en fonction de l'intensité affective de la caresse prodiguée: plus la caresse est douce, plus la durée d'éclairage est longue.. on n'arrête pas le progrès ma bonne dame !

Mais moi j'ai beau faire de mon mieux pour être doux et romantique avec ma lampe de chevet (Barry White en fond musical, pétales de roses synthétiques sur le lit, pas de chaussettes aux pieds...), force est de constater que mon charme ravageur n'a pas énormément d'effet sur les luminaires ; pour le moment, mon record est de 6 min 47secondes de lumière continue (véridique) ! Si ca continu je n'aurais d'autre solution que de faire ressortir ma nature sauvage et d'avoir recours à la violence...sait on jamais, à bien y réfléchir il s'agit peut-être d'un tout nouveau modèle de lampe tactile « SM » qui ne s'allume qu'à grands coups de poings et de ceinturon! GRRRrrr!

 

Voilà pour mes futiles nouvelles polaires de la semaine!

Sinon pour ceux qui souhaitent lire des choses intéressantes sur les autres bêtes présentes en antarctique (celles qui pondent des oeufs, pas celles qui jouent au billard), sur la météo (tiens j'ai un scoop génial pour vous: il neige!), la banquise, un médecin russe qui s'auto-opère la virgule tout seul et que sais-je encore, n'hésitez pas à faire un tour sur les blogs des copains (en lien pour la plupart)!

Ils sont parfois mis à jour!

Les restes en photos...

Fleur de glace                           fleurdeglace

tropdebras    Rencontre du troisième type...

Un beau regard...   reflet

                 givré[800x600]   Une tronche de cake!


 

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14 juillet 2011

L'humeur du jour...

Grisaille, grisaille, grisaille...


Tandis que de vos mails nous parviennent les odeurs des grandes 
vacances, sable chaud, soleil et bière fraiche en terrasse, que les plus 
chanceux d'entre vous n'ont pour seule préoccupation que de poursuivre 
la rotation de l'ombre d'un parasol, étalés sur une chaise longue, je me 
remonte le moral en me disant qu'il reste surement encore en France un 
malheureux, seul, coincé dans un bureau désert à la clim tombée en 
panne, dont l'unique distraction quotidienne (Tour de France mis à part) 
consiste à écumer les blogs d'hivernants pour s'offrir un peu de 
fraicheur polaire à pas cher.

Providentiel ce bureaucrate à distraire car, s'il n'était pas là à 
patauger dans son ennui, un jour comme celui-ci, je succomberais 
volontiers à cette petite voix de sirène qui me dit d'enfiler mon 
caleçon de bain et de partir rejoindre vos grandes vacances à la nage... 
ce qui, malgré une condition physique hors du commun, me condamnerait à 
une fin précoce, le corps surgelé par les glaces, noyé dans les flots, 
dévoré par les orques et grignoté par les crevettes (je pourrais 
continuer comme ca jusqu'au zooplancton mais j'ai peur de manquer 
d'encre...)!

Et, lorsque penser au rond de cuir qui se morfond dans son bureau ne 
suffit plus à m'empêcher de sombrer dans la mélancolie polaire, je me 
concentre alors sur le côté obscur des grandes vacances:



_ Effluves de port à marée basse et bourrelet d'algues vertes en 
décomposition: +5points au moral

_ Plages bondées et relents de crème solaire: + 10 points au moral

_ Couillons en jet-ski qui t'empêche de faire la sieste: +20 points au moral


Pfuiiiiiii ca fait du bien par où ca passe! Pauvres d'entre vous qui 
êtes en vacances... on finirait presque par vous plaindre!



J'achève ce billet doux par quelques photos prises sur mon lieu de... 
travail!

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photo 4
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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30 juin 2011

Halte aux dons !

 

Vers cinq heures ce matin, tandis que je sirotais un cocktail en me prélassant sur la chaise longue de ma plage privée de Copa cabana, un bruit d'apocalypse à l'américaine m'a contraint à abandonner mon verre, mon transat, le soleil qui chatoie et le sable chaud, et, à sortir de mon rêve...

Pouah...! s'il y a bien une chose que je déteste c'est être dérangé dans un rêve de béatitude.

Mon premier réflexe dans ces cas là, c'est de rabattre le volet de mon œil embrumé qui s'est ouvert à l'insu de mon plein gré, en essayant de conserver un maximum de torpeur brumeuse sous la paupière, de me boule-quièsser les tympans avec mes lobes d'oreilles (ce qui demande un certain entrainement) et d'essayer de retrouver mon transat sur la plage de Copa cabana en priant pour que personne ne m'ait chipé la place pendant mon absence..

 

Mais malheureusement ca ne marche jamais... d'une part parce que le truc des lobes d'oreilles c'est de la science fiction, personne (exceptés Babar et Dumbo peut-être) n'est assez souple des esgourdes pour y arriver, et, d'autre part, car j'ai beau me retourner les yeux dans leurs orbites pour farfouiller au fond de mon cerveau, je n'arrive que très rarement à remettre la pupille sur le rêve en question.

Ou alors, lorsque, par miracle, j'y parviens, à tous les coups la béatitude c'est déjà fait la malle... quelqu'un a pris ma place sur la chaise longue, une mouche s'est noyée dans le cocktail et un gros nuage voile mon soleil chatoyant...

Pouahh... je déteste les rêves en fait!!!

 

Mais bref, ne nous petitpoucettons pas d'avantage, le bruit qui m'a réveillé ce matin provenait de ma fenêtre de chambre que je laisse légèrement entrouverte la nuit pour évacuer les effluves (de peinture) qui parfument le dortoir depuis la fin de la mid et la reprise des travaux.

Lorsque mes paupières ont enfin eu raison des tonnes de gravats laissés devant mes mirettes la veille au soir par le marchand de sable du coin, mes yeux ont alors aperçu un spectacle féérique mais néanmoins un peu en deçà de celui du Crazy horse.

Le spectacle de mon store faséyant dans la brise catabatique et de millions de petites particules de neige soufflées par l'interstice de mon hublot par un Eole devenu soudainement fou de rage en l'espace d'une nuit (on ne sait pourquoi), formant un petit nuage géostationnaire au centre de ma chambre et s'amoncelant déjà en une congèrinette (petite congère – Larousse 2024) sur la moquette.

Après avoir versé une petite larme de bonheur en pensant à l'idée que, ca y est, j'avais enfin trouvé un truc palpitant à raconter sur ce blog, afin de ne pas finir ma vie bêtement enseveli sous un tas de neige dans mon sommeil sans même avoir revu un épisode de « plus belle la vie » avant de mourir, je me suis décidé à fermer le clapet de cette fenêtre, accomplissant, soit dit en passant, là encore, un nouvel acte héroïque en antarctique puisqu'il m'a fallut trouver en moi assez de courage et de volonté pour m'extirper de sous ma couette et aller braver les 0°C ambiant de ma piaule uniquement vêtu d'un caleçon à fleurs..

Que je sois transformé en phoque si je n'ai pas le droit à mon totem de héros polaire érigé aux cotés de ceux de Paul emile Victor et Dumont D'Urville dès demain!

 

 

photo1

Joie, bonheur, la neige fait son grand retour à DDU! Vos dons nous parviennent par Chronocatabiquepost à une vitesse de 160km/h en rafales. Tant de solidarité m'autruche...

Une photo people pour finir:

photo2

Hier nous fêtions le premier été austral et les 25 printemps boréaux de Cocoralie alias « la terreur des passerelles » (en rapport à l'onde sonore qui précède sa venue lorsqu'elle se déplace d'un bâtiment à un autre!);

Courbettes:

Le quiz photo organisé pour la mid a eu beaucoup de succès par conséquent je vous prie de bien vouloir agréer Mesdames, Messieurs toute une brouette de remerciements chaleureux etc, etc, etc....

 

A bientôt.

photo3

 

Posté par clemguerin à 11:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]

18 juin 2011

Un flocon pour DDU

J-1 avant coup d'envoi de la midwinter.

 

Dans un bulletin du jour placardé au séjour, rimes climatiques et filantes métaphores de nos poètes "météauraclologues", nous augurent de tempétueux présages pour la semaine à venir. Frange de nuage, couverture totale, violentes rafales... ( la Bretagne s'invite à la mid?!) mais toujours pas de flocons pour renflouer les flancs de nos congères anorexiques.

Outre le fait que la neige c'est joli quand ca tombe et qu'on peut faire des igloos avec, c'est aussi l'ingrédient primordial pour amortir les réceptions au bout des pistes de luges... ouais, vous l'aurez compris, la neige c'est capital ! Sans ça on retrouve plein de petits bouts de derrières éparpillés sur la banquise ça fait désordre ! Bon, ok, ca permet aussi le passage des véhicules sur la glace, mais ca pfuiii... m'en fou !

L'Antarctique sans neige c'est un peu comme DisneyLand sans manège et sans « grande parade de Mickey »!

A notre arrivée les acteurs de la parade étaient au rendez-vous, manchots adélies, manchots empereurs, phoques de Weddell, skua, pétrels géants, pétrels des neiges, pétrels de Wilson, damiers du cap, nototenias (les poissons qui font peurs), pétoncles, etc... on a même eu le droit à quelques  "guest stars " internationales: le léo, le manchot jugulaire, l'éléphant de mer et le manchot royal au costume un peu élimé il est vrai mais tellement classe quand même.

Lorsque les derniers touristes de la saison estivale s'en sont allés début Mars avec l'Astrolabe, le ciel de Glaglaland c'est considérablement assombri. Du jour au lendemain, les finances du parc ont totalement dégringolé, la plupart des acteurs ont repris la route, tout le beau monde est parti …

Au final, aujourd'hui seuls les empereurs restent, prostrés à la manchotière, en grève, refusant tout dialogue malgré les efforts de nos deux schtroumpfs médiateurs, qui tentent tous les jours de comprendre leurs revendications et d'identifier les meneurs.

Aux dernières nouvelles les empereurs se plaignent de ne pas pouvoir manger à leur faim. D'ailleurs, s'ils n'avaient pas cette encombrante charge familiale entre les pattes à assumer seuls en ce moment, ils se seraient fait la malle chez les ricains depuis belle lurette parce que, eux au moins, ils ont des flocons les ricains !

Ils réclament une revalorisation de salaire pour reprendre la parade.

Ce à quoi la direction a paraît-il répondu « niet! et puis quoi encore? Un toit et des couveuses pour leurs rejetons?! Les empereurs c'est comme les adélies, tu leurs donnes le doigt ils te bouffent le bras... etc etc ».

 

De toute façon les caisses sont vides, c'est la crise... la preuve : en ce moment la lumière ne fonctionne plus que 2h par jour..la direction n'a même plus de quoi payer la note de soleil c'est vous dire ! Et je ne vous parle même pas du chauffage...

 

Le coeur sur la main (sisi je vous jure... et c'est pas facile à vivre tous les jours..) je ne puis rester sans réagir... devant le succès du récent DDUton (auquel il est toujours possible d'apporter votre contribution si vous ne l'avez point fait), j'ai donc décidé de créé la fondation que voici:

 

 

Un flocon pour DDU;

 

Pour que Mickey, Mini, Dumbo et tous les autres reviennent en antarctique, envoyez nous vos dons de neige par colis postaux* (par mail il y a trop de risque de court circuit).

 

Tous les flocons récoltés seront intégralement reversés à la banquise sous contrôle "d'huitre sciée..."

 

 

* Toutes offrandes acceptées: neiges éternelles, vieux résidus de givres de congèl', Magnums, Cornetto etc..

Pub: (bah ouais faut bien vivre...) La manchotière recrute...

lesgardiensdel'asile

Faites comme Quick et Fluck devenez surveillant de centre psychiatrique pour humains en antarctique!

 

Ps: Merci à tous pour les photos envoyées, elles ont fait bon voyage et ont toutes hâte de revenir enfin sur le devant de la scène.

Posté par clemguerin à 15:37 - Commentaires [2] - Permalien [#]